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Les premiers Armagnac apparaissent en 1966, destinés à ce qu’on appelle à l’époque la course-croisière, soit des bateaux capables de briller en régates tout en permettant la navigation semi-hauturière dans de bonnes conditions de confort et de sécurité. Les premiers sortis, Raki et Iskra II , suivis entre autres de Perceval, Lancelot, Dame-Jeanne, Morbic II remplissent parfaitement ce programme et accumulent les succès en course (Coupe de l’Atlantique, Semaine de la Rochelle, etc.). Le bateau est adopté par les écoles de voile, GIC Glénans, GFC, Jeunesse et Marine par exemple. Différents chantiers, essentiellement Arié-Vernazza à la Rochelle et La Réserve à Nice, en produisent une soixantaine, ce sont les « Armagnac 66 », ils se reconnaissent facilement à leur rouf en bois et leurs trois hublots dans la coque, qui rappellent leur cousinage avec le Muscadet. Ils portent 36 m² de toile au près (spi de 54 m² environ), et un lest de 1 030 kilos.

En 1969, est mis à l’eau Farandole, premier Armagnac construit chez Aubin, reconnaissable de loin à son rouf en stratifié, dont la descente est protégée par une « casquette » en forme de lyre. Les formes de coque restent sensiblement les mêmes, y compris le safran sur le tableau, mais le lest est nouveau, plus lourd (1 200 kilos), avec possibilité de trimmer, et le plan de voilure est plus développé (39 m² au près, spi de 59 m²). Aubin, devenu seul constructeur de la série, en construit 24 (ou 25). Ce sont les « Armagnac 69 ».

En 1972, Aubin sort sous l’appellation IOR 72 une nouvelle version de l’Armagnac : la coque est allongée (8,55 m), élargie (2,80 m), l’étrave et le bouchain sont redessinés, le safran passe sous la voûte, le lest est porté à 1,60 m (GTE), et le plan de voilure est augmenté (41 m2 au près, spi de 64 m2).Le rouf en stratifié ne change pas, mais il peut recevoir un capot coulissant. L’ancien lest, devenu PTE, est encore disponible pour les croiseurs désirant échouer facilement. Les bateaux sortis sous cette forme sont performants, Iroise, Ventre bleu, Mervent, pour ne citer que ceux-là, et les propriétaires régatiers veillent à suivre les évolutions de la jauge. En 1975, parallèlement au précédent, un nouveau lest long, en forme de sabre, est proposé, le premier à le recevoir est Iskra III. Jusqu’en 1979, Aubin construit 124 (ou 125…) Armagnac de ce type. Ce sont les « Armagnac 72 », PTE ou GTE.

Il faut ajouter que des Armagnac ont été construits dans d’autres chantiers, en France mais aussi en Italie, et que les plans ont toujours été disponibles pour les constructeurs amateurs. En outre l’ancêtre de l’Armagnac, « le Calvados », ressemblent beaucoup à sa descendance avec cependant une coque un peu plus courte (7m80) et un lest de 850 kg seulement. Nous n’avons retrouvé qu’une unité de cette série : Zizgornif.

Si l’on additionne toutes ces versions, on estime donc qu’il a pu exister entre 200 et 250 Armagnac. Actuellement, l’association en a recensé au moins 150, et la recherche continue activement pour savoir ce que sont devenus les autres. Les Armagnac ont souvent des histoires attachantes, les uns dans la même famille depuis le début, d’autres changeant de mains mais conservant un glorieux nom d’origine, ou le retrouvant, certains maintenus constamment en parfait état, d’autres rachetés en épave et sauvés d’une mort certaine. Leurs couleurs vives, soulignées d’une bande contrastée, leurs voiles souvent impeccables et leurs performances font qu’ils ne passent pas inaperçus sur les plans d’eau. Ils restent, quarante ans après le premier dessin, des bateaux qui ont marqué l’histoire de la plaisance et qui méritent bien qu’on s’emploie à les faire connaître et naviguer.

 

 


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